Isabelle Jarry, éd. Stock 2004 (on peut peut-être le trouver en poche).
Voilà un petit moment que je ne vous parle plus que livres et (très peu) musique (tiens, il faudra que je vous parle du CD de Massilia Sound System que j’ai exhumé de mon étagère à CD en poirier savant —lisez Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde et vous comprendrez ;-)—, mais bref…). Il faut dire que les règlement de comptes, dus à des rancoeurs, aigreurs, amertumes, jalousies, etc… par blogs et forums interposés ont fait que je me suis un peu éloignée de la broderie, et que je stagne lamentablement au début de la quatrième partie du « Quaker à 6 mains ». Dont d’ailleurs, la cinquième partie vient de sortir, va falloir que je me bouge, moi :-)))) et donc, faut bien causer dans le poste, d'où les bouquins :-)))
Mais là n’est pas le propos. Le livre donc. Evidemment, si je vous résume ne serait-ce que le début, je vous raconte tout ou presque (mais pas tout à fait)… je me rabats donc sur le début de la 4ème de couv’ ;-) :
J’habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n’étais pas folle, ni mal élevée, j’avais un peu de culture et je savais réfléchir, j’étais capable d’échanger des idées, à plus forte raison des banalités. Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi.
Et sur une (sisisi, une !) phrase de la page 148 :
Donc je marchais et je regardais vivre cette ville de l’intérieur, à la manière d’un ver installé dans un fruit, d’une souris tapie dans un boyau, je la parcourais et je traversais le mouvement, l’empressement, le va-et-vient constant des citadins, j’étais au spectacle, des immeubles qu’on construisait, d’autres qu’on réparait, ravalait, sablait, des trottoirs que l’on crevait, rebouchait, bitumait, des gares qui se vidaient le matin d’innombrables passagers pour les réabsorber le soir venu, des rues qui charriaient voitures et camions, autobus, motos, vélos, toute cette activité des hommes et de leurs machines, des hommes en combinaison de travail, d’autres en complet, d’autres en uniforme d’employé, pantalon-veston, des milliers de gens différents, des femmes, des enfants, des vieillards, des Noirs, des Indiens, des Arabes, des Chinois, des Grecs, des Juifs, des couples, des familles, des solitaires, des handicapés, des sourds-muets, des savants, des incultes, toute cette population malaxée par le travail, par l’école, par les affaires, par le marché, prise par des occupations, des activités, des réunions, des trajets, embarquée dans des millions de destins individuels, cela me fascinait et me réconciliait avec mon état, car j’étais là moi aussi, d’une certaine manière, j’avais ma place dans ce vaste maelström, il y avait des trottoirs pour recevoir mes pas, des bancs pour accueillir mon corps, des marchés de rue pour me nourrir, des boulangers pour cuire mon pain et même des réverbères pour m’éclairer la nuit.
Voilà : ce livre est écrit comme ça, en longues phrases, malgré tout fluides et envoûtantes. Et l’histoire est touchante… Bien que, finalement, inachevée : même s’il y a une fin, on peut imaginer ce qui se passera après pour notre héroïne et ce n’est pas toujours le cas dans les livres.
Voilà un petit moment que je ne vous parle plus que livres et (très peu) musique (tiens, il faudra que je vous parle du CD de Massilia Sound System que j’ai exhumé de mon étagère à CD en poirier savant —lisez Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde et vous comprendrez ;-)—, mais bref…). Il faut dire que les règlement de comptes, dus à des rancoeurs, aigreurs, amertumes, jalousies, etc… par blogs et forums interposés ont fait que je me suis un peu éloignée de la broderie, et que je stagne lamentablement au début de la quatrième partie du « Quaker à 6 mains ». Dont d’ailleurs, la cinquième partie vient de sortir, va falloir que je me bouge, moi :-)))) et donc, faut bien causer dans le poste, d'où les bouquins :-)))
Mais là n’est pas le propos. Le livre donc. Evidemment, si je vous résume ne serait-ce que le début, je vous raconte tout ou presque (mais pas tout à fait)… je me rabats donc sur le début de la 4ème de couv’ ;-) :
J’habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n’étais pas folle, ni mal élevée, j’avais un peu de culture et je savais réfléchir, j’étais capable d’échanger des idées, à plus forte raison des banalités. Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi.
Et sur une (sisisi, une !) phrase de la page 148 :
Donc je marchais et je regardais vivre cette ville de l’intérieur, à la manière d’un ver installé dans un fruit, d’une souris tapie dans un boyau, je la parcourais et je traversais le mouvement, l’empressement, le va-et-vient constant des citadins, j’étais au spectacle, des immeubles qu’on construisait, d’autres qu’on réparait, ravalait, sablait, des trottoirs que l’on crevait, rebouchait, bitumait, des gares qui se vidaient le matin d’innombrables passagers pour les réabsorber le soir venu, des rues qui charriaient voitures et camions, autobus, motos, vélos, toute cette activité des hommes et de leurs machines, des hommes en combinaison de travail, d’autres en complet, d’autres en uniforme d’employé, pantalon-veston, des milliers de gens différents, des femmes, des enfants, des vieillards, des Noirs, des Indiens, des Arabes, des Chinois, des Grecs, des Juifs, des couples, des familles, des solitaires, des handicapés, des sourds-muets, des savants, des incultes, toute cette population malaxée par le travail, par l’école, par les affaires, par le marché, prise par des occupations, des activités, des réunions, des trajets, embarquée dans des millions de destins individuels, cela me fascinait et me réconciliait avec mon état, car j’étais là moi aussi, d’une certaine manière, j’avais ma place dans ce vaste maelström, il y avait des trottoirs pour recevoir mes pas, des bancs pour accueillir mon corps, des marchés de rue pour me nourrir, des boulangers pour cuire mon pain et même des réverbères pour m’éclairer la nuit.
Voilà : ce livre est écrit comme ça, en longues phrases, malgré tout fluides et envoûtantes. Et l’histoire est touchante… Bien que, finalement, inachevée : même s’il y a une fin, on peut imaginer ce qui se passera après pour notre héroïne et ce n’est pas toujours le cas dans les livres.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire