24 janvier 2009

La Route

Cormac McCarthy, éd. de L'Olivier (20 € environ).

Mon premier emprunt à la bibliothèque du CDI du lycée où j'enseigne (eh oui, 6 ans dans ce bahut et jamais je n'avais... osé !) me laissera un souvenir très fort.
Dans ce livre, il est question d'un petit garçon et de son papa. Mais ce n'est pas mièvre du tout, car ces deux personnages errent (pas sans but d'ailleurs, vous le verrez si vous lisez le livre) sur les routes d'un pays, et probablement d'un monde, dévasté quelques (peut-être même plusieurs) années auparavant par une catastrophe dont on ne saura presque rien. Je ne dévoile pas grand-chose en précisant que l'enfant est né après la catastrophe, ce qui a son importance.

L'écriture est très factuelle, presque froide : par exemple, les conversations --fort lapidaires-- sont retranscrites de manière inhabituelle (sans les tirets, sans guillemets, juste comme une énumération de mots), et sans émotion apparente... L'émotion, les sentiments, viennent de la teneur de ces conversations ; les descriptions sont elliptiques, comme si on (le lecteur, les personnages) avait toujours été là, mais c'est aussi parce que les personnages (pas plus que le lecteur) ne savent rien des causes de la catastrophe : ils en connaissent juste les conséquences ; le vocabulaire utilisé est limité : quel besoin a-t-on de mots pour décrire ce qui n'existe plus, les oiseaux, les arbres, les animaux ? Aucun, on les oublie, tout simplement... McCarthy crée ainsi une atmosphère très angoissante, d'autant que par-dessus tout cela il y a le peu de relations entre les humains, violentes, individualistes, animales, bestiales même.

Ce livre est très prenant. Je l'ai lu en 3 ou 4 soirs, mais il peut se lire bien plus vite : j'avais beaucoup de mal à le poser. Il est également bouleversant, attention si vous êtes en coup de blues ou en doute face à l'Humanité, ça ne vous aidera certainement pas :-). Pour les autres, je le recommande chaleureusement ! Un facteur qui peut être déclenchant est que ce livre a reçu le prix Pulitzer. C'est écrit en gros sur la couverture, d'ailleurs (mais pas du mien ;-) ) !
J'ai aussi beaucoup pensé à certaines nouvelles des Chroniques Martiennes pour l'état de la planète (qui n'est pas la même, on est bien d'accord :-) ), mais l'écriture de Bradbury était beaucoup plus lyrique.

J'avoue humblement découvrir Cormac McCarthy par le biais de ce livre (eh oui, même pas par par No Country for Old Men), et j'en ai un petit peu honte, car je découvre vaguement l'eau tiède, à savoir, manifestement, un "grand" écrivain, très reconnu dans son pays. Je pense lire d'autres livres, histoire de me "rattraper" !

2 commentaires:

chatbleu54 a dit…

Connais pas ! A voir
Je recommande le prix femina 2008, "où on va papa" mais je ne me souviens plus de l'auteur. Se lit en 2 heures environ, impossible de le lacher ! Et j'ai commencé la saga Twilight, le tome 1, le 2 est en rupture de stock !
Eric

-HB- a dit…

J'ai lu, Éric ! Je voulais en parler et... j'ai oublié...
Twilight, c'est pas un peu Harlequin sur les bords ? J'envisage de l'emprunter à... mes élèves :-))))