Voilà encore un livre qui me déçoit. Quoi que... J'avais lu l'argument du livre, et je ne m'attendais guère à plus que ce que j'y ai trouvé, finalement : snobisme, pédanterie et bons sentiments...
Oui, je suis méchante, car il faut reconnaître deux qualités à ce livre : il est (très) bien écrit (il y a même quelques saillies amusantes) et... il m'a donné envie de (re)lire les romans russes !
Mais à part ça ? A part ça, rien... C'est l'histoire, pardon, ce sont les histoires croisées d'une préado de 12 ans et demi, surdouée (oui, encore une !!! Ce trait permet à l'auteur de placer des "pensées" dogmatiques, prétendûment profondes, et du niveau d'une classe... de 5ème... pas terrib' terrib' pour une surdouée de 12 ans 1/2 !...), qui envisage de se suicider à la fin de l'année scolaire en mettant le feu à l'appart' familial, et d'une concierge qui cache sous des oripeaux parfaitement caricaturaux une culture insondable.
La chronique des événements de l'immeuble, un immeuble où habite une assez grande bourgeoisie Parisienne, est quand même bien tournée, et plutôt amusante ; mais derrière tout ça j'ai ressenti du mépris, du snobisme (oui, je l'ai déjà dit). Pas envers les grands bourgeois, hein, ça, je ne connais pas le milieu, mais... Point de culture parfaite, en effet, sans la lecture approfondie de livres de philo, impossibles d'accès pour le commun des mortels (et que je te cite même la maison d'édition, ça peut se recaser dans un dîner en ville)... Point de culture parfaite, non plus, sans la connaissance approfondie de films japonais (que j'imagine très volontiers contemplatifs et un peu lents, mais je suis dans le cliché moi aussi, pour le coup :-) ).
Ah, oui, on a malgré tout le droit d'avoir un penchant coupable pour Connelly et Mankell, et aussi pour les blockbusters américains, mais à part ça...
Derrière tout ça, se cachent à peine un mépris affiché pour l'Université française (je me demande où l'auteur a appris les belles lettres :-/ ) et un autre mépris parfaitement anachronique pour le "bas peuple" inculte et ne sachant pas parler à ses propres enfants, que j'ai trouvés passablement nauséabonds.
Et la pédanterie, me direz-vous ? (oui, je sais, vous n'avez rien dit !) Eh bien je la trouve quand on m'explique pourquoi et comment il faut aimer tel film, tel livre, ou telle musique, dans le plus pur style "moi j'ai vu/lu/écouté ça, pas vous, hein, et admirez le travail"...
Quant à la fin, très triste, elle dégouline tellement de bons sentiments que j'ai failli vérifier que ça n'avait pas coulé sur ma couette...
En conclusion : je ne me targue pas d'être énormément cultivée, loin s'en faut... mais là, j'avoue que j'ai eu l'impression d'être ce que je sais ne pas être : quelqu'un de complètement inculte. Et implicitement, voire même explicitement, méprisée par l'auteur via son, ses, même, personnages.
En deuxième, pardon, seconde, conclusion (pour satisfaire la maniaquerie de l'auteur avec la grammaire, auteure (na !) qui, malgré son âge pas encore canonique, a des vapeurs d'agrégée de lettres classiques session 1925, avec une seule virgule mal placée, toujours via son personnage, belle hypocrisie...)... Je m'inquiète de ma propension à ne pas aimer la plupart des livres que je lis en ce moment... Serais-je dans un état proche de l'Ohio ? Ou devenue très difficile ? Ou alors je ne suis plus dans les modes littéraires actuelles ? Vieillirais-je :-) ? Mais alors que me faut-il ? Un retour aux fondamentaux, comme dirait un coach ;-) ? Ou me contenter de, ahem, comment l'appeler, sous-littérature ;-) (lumpenlitteratür :-) = ne plus lire que des polars et de la SF), de sous-cinéphilie (et ne plus enregistrer les films Islandais qui passent à des heures indues sur Arte --ben voui, chacun son snobisme :-D-- et ne regarder que les trucs du lundi soir sur Canal et du dimanche soir sur TF1 ), de sous-mélomanie (mais là pas de souci, le truc le plus culturé que j'écoute, ça doit être Chanson Plus Bifluorée :-))) ) ?
Je crois que je vais opter pour un peu des deux.
Enfin... Quand j'aurai fini Les Mots pour Dire la Savoie de Jean-Marie Jeudy, éd. La Fontaine de Siloé, que j'ai acheté à Chambéry : c'est un recueil de chroniques, un mot, deux pages, facile à lire, bien tourné, et en plus, j'y apprends une foule de petites choses sur la Savoie et les Alpes !
10 commentaires:
Je partage tout ce que tu viens de dire ....
Je n'ai jamais pu voir un film japonais jusqu'au bout, alors Ozu connais pas ... je n'ai pas ressenti le mépris que tu évoques, mais bien le sentiment de supériorité des "élus", ceux qui savent reconnaitre la vraie richesse intérieure apportée par la fréquentation des philosophes, des auteurs russes et des cinéadstes japonais ...
Mais comme je m'attendais avec bien pire avec ce livre ...
Je me régale moi aussi avec Michael Connelly, Hennig Mankell, et même Dan Brown, je n'ai pas lu de classiques russes depuis mes 20 ans (qui sont bien plus lointains que les tiens) et je n'ai pas forcément envie d'en relire (même si j'étais ravie que ma fille découvre récemment Tolstoï et Tourgueniev !)
Quant à ne pas aimer les livres que l'on lit cette année ... je me suis inquiétée de la même chose en relisant mon post sur les livres du mois (post que j'écris au fil de mes lectures pour publication le 30) ... mais je n'ai pas trouvé la réponse ;-)
Est ce un syndrome printannier, une réaction au 'tout est joli, tout est bon, apprécions ensemble' (alias "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil" réjouissons nous ensemble !)ou devenons-nous plus assurées dans nos appréciations au point de ne plus parler uniquement de ce qui nous a plu ?
Un dernier point : la littérature policière n'est PAS de la sous - littérature ! Elle raconte de vrais histoires avec de vrais personnages, avec parfois un soupçon de sordide et d'hémoglobine , mais rarement de la vulgarité ou de la pédanterie !
Et surtout ... je la lis avec plaisir !
et justement je vais aller me plonger de ce pas dans un polar italien !
Merci, Bill, de ton soutien.
Je me suis mal exprimée sur la sous-littérature, c'était évidemment du second degré... Va falloire que je mette des italiques alors :-)))
Voilà, j'ai un peu reformulé... Je veux (comme il est à la mode de dire en ce moment) que vous sachiez toutes et tous que je ne considère aucune oeuvre écrite comme de la sous-littérature !
Du moment qu'on lit...
Même que l'on peut s'échapper en lisant n'importe quoi ... une étiquette de lavage d'un vêtement comme dans ...
"mais c'est vrai !!! tu ne l'as même pas lu.
Qu'est ce qui fait que tu vas lire tel ou tel livre ? Par exemple, pourquoi as tu lu "le clan des Otori" ?
Eric
Eric, bonne question : je l'ai lu parce que des copines à moi l'avaient aimé et que je voulais me faire mon idée...
Pareil pour celui-là sauf que l'accroche ne me plaisait pas : je l'ai attaqué avec réticence et j'ai même failli le laisser tomber !
AH ! Donc c'est comme moi. Je l'ai lu parce qu'une bonne copine à moi l'avait lu et m'en a dit du bien ! J'ai "bouffé" les trois tomes à la file !!! Je prends le tome IV lundi !
Eric
que tout cela est bien dit - bravo
narmelle
Ah, je suis contente! Faut chercher pour trouver des avis qui ne l'encensent pas ce roman. Et moi, pfft, pas fini encore, mais euh. je le trouve pas si super-génial-que-tout-l'monde-dit...
Et je commençais sérieusement à me poser des questions. Chercher des mots dans le dictio en lisant, ichhh! Pourtant, il me semble que je suis pas si... que j'ai quelques notions de... que je... Tout ça c'est la faute de mon papa (prolétaire) et de ma mère (ex-femme de prolétaire). :P
En tout cas, merci!
Je viens de commencer ce livre, pour l'instant je ne suis pas franchement emballée, surtout lorsque je dois, à deux voir trois reprises relire un passage parce que...j'ai rien compris à la première lecture :-/
Je vais courageusement continuer, pour voir ! :-)
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